

Un médecin libéral peut réduire ou mieux piloter sa fiscalité en combinant plusieurs leviers : optimisation des charges professionnelles, choix du bon mode d’exercice, passage éventuel en SELARL, épargne retraite, structuration patrimoniale et arbitrage entre rémunération et trésorerie conservée dans la société.
La SELARL de médecin fait partie des options les plus étudiées lorsque le bénéfice augmente. Elle peut permettre de soumettre une partie du résultat à l’impôt sur les sociétés, de mieux organiser la rémunération du praticien et de conserver de la trésorerie dans la structure pour financer le développement du cabinet.
Mais la SELARL n’est pas une solution automatique pour payer moins d’impôts. Son intérêt dépend du niveau de bénéfice, des besoins personnels du médecin, de sa situation familiale, du régime social applicable, des dividendes éventuels et des coûts de gestion de la société. Avant de modifier son statut, il faut donc comparer précisément l’exercice en BNC et l’exercice en SELARL.
En exercice individuel, un médecin libéral est généralement imposé dans la catégorie des bénéfices non commerciaux. Son bénéfice imposable correspond aux recettes professionnelles diminuées des dépenses nécessaires à l’exercice de son activité. Lorsque ce bénéfice progresse, une partie du revenu peut entrer dans les tranches supérieures du barème de l’impôt sur le revenu.
À cette imposition s’ajoutent les cotisations sociales obligatoires, notamment auprès de l’URSSAF et de la CARMF. Le médecin peut donc avoir le sentiment que son revenu disponible progresse moins vite que son activité, surtout lorsqu’il subit en même temps les régularisations de cotisations, les acomptes fiscaux et les charges de cabinet.
Il faut toutefois distinguer le taux marginal d’imposition du taux réellement supporté. Le fait d’atteindre une tranche élevée ne signifie pas que l’ensemble du revenu est imposé à ce taux. C’est pour cette raison qu’une stratégie fiscale sérieuse doit toujours partir d’une simulation globale, et non d’un simple pourcentage.

Avant même de changer de statut, un médecin libéral doit vérifier que ses charges professionnelles sont correctement suivies et déduites. Chaque dépense réellement engagée pour l’activité peut réduire le bénéfice imposable lorsqu’elle est justifiée, cohérente et correctement affectée.
Les postes les plus importants concernent souvent :
Le vrai sujet concerne souvent les dépenses mixtes, utilisées à la fois à titre personnel et professionnel. Téléphone, véhicule, internet, matériel informatique ou frais de déplacement doivent être ventilés avec prudence. L’objectif n’est pas de maximiser artificiellement les charges, mais de ne pas laisser de dépenses professionnelles légitimes hors de la comptabilité.
Pendant longtemps, l’adhésion à une association de gestion agréée pouvait être présentée comme un réflexe fiscal pour les professionnels libéraux. Cette logique n’est plus la même en 2026. L’administration fiscale rappelle que la majoration liée à l’absence d’adhésion a été supprimée depuis l’imposition des revenus 2023, et que la réduction d’impôt pour frais de comptabilité et d’adhésion à un organisme de gestion agréé est supprimée à compter de l’exercice 2025.
Cela ne signifie pas que l’accompagnement comptable devient secondaire. Au contraire, plus l’activité du médecin se développe, plus le suivi devient stratégique. Une comptabilité fiable permet d’anticiper les échéances, de suivre les acomptes, de préparer les régularisations sociales, de documenter les frais professionnels et d’éviter des erreurs coûteuses.
Pour un médecin libéral, le premier levier n’est donc plus l’adhésion automatique à une AGA, mais la mise en place d’un pilotage comptable clair. C’est souvent cette base qui permet ensuite de décider si le passage en SELARL a réellement du sens.
Le Plan d’Épargne Retraite peut être un outil intéressant pour un médecin fortement imposé. Les versements volontaires peuvent être déduits du revenu imposable dans la limite du plafond disponible. L’administration fiscale précise notamment que ce plafond peut être calculé à partir des revenus professionnels et tenir compte des plafonds non utilisés des trois années précédentes.
Pour un médecin dont une partie du revenu est imposée dans une tranche marginale élevée, l’effet fiscal peut être immédiat. Par exemple, un versement déductible de 1 000 € peut générer une économie d’impôt significative si le contribuable est concerné par une tranche marginale élevée.
Le PER ne doit toutefois pas être présenté comme une défiscalisation pure. Il s’agit d’un outil d’épargne retraite avec un avantage fiscal à l’entrée et une fiscalité à la sortie. Il doit donc être utilisé en cohérence avec l’âge du médecin, ses besoins de liquidité, son horizon de retraite et sa stratégie patrimoniale globale.
Le passage en SELARL permet d’exercer l’activité libérale dans une société d’exercice libéral. La société encaisse les honoraires, paie les charges professionnelles, dégage un résultat et peut être soumise à l’impôt sur les sociétés. Lorsque les conditions sont réunies, le taux réduit d’IS s’applique sur une première tranche de bénéfice, puis le taux normal s’applique au-delà. Cette règle est encadrée par la doctrine fiscale publiée au BOFiP.
L’intérêt de la SELARL ne vient pas uniquement du taux d’impôt sur les sociétés. Il vient surtout de la possibilité d’organiser la rémunération du médecin, de conserver une partie de la trésorerie dans la société et d’éviter de faire remonter immédiatement tout le bénéfice dans le patrimoine personnel.
Cette organisation peut être utile lorsque le médecin dégage plus de revenus que ce dont il a besoin pour vivre. Dans ce cas, la SELARL peut permettre de financer du matériel, de recruter, de développer le cabinet ou de préparer une stratégie patrimoniale plus large.
En BNC, le bénéfice est imposé au niveau personnel, même si le médecin ne consomme pas immédiatement toute la trésorerie générée par son activité. En SELARL, une partie du résultat peut rester dans la société après paiement de l’impôt sur les sociétés.
Cette différence peut devenir intéressante lorsque le praticien souhaite investir dans son outil de travail, développer une activité, financer des équipements, accueillir un associé ou organiser une stratégie de capitalisation professionnelle. La SELARL devient alors un outil de pilotage, pas seulement un outil fiscal.
En revanche, si le médecin a besoin de prélever presque tout le bénéfice pour ses dépenses personnelles, l’intérêt de la SELARL peut être plus limité. Les frais de structure, les cotisations sociales, les obligations comptables et la fiscalité personnelle doivent alors être comparés avec précision.
Une SELARL permet de verser une rémunération au médecin, puis éventuellement des dividendes lorsque la société réalise un bénéfice distribuable après impôt. C’est souvent ce point qui donne l’impression que la SELARL permet de réduire fortement l’impôt.
La réalité est plus nuancée. Pour certains dirigeants relevant du régime des travailleurs indépendants, l’URSSAF rappelle que la part des dividendes dépassant 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant peut être soumise à cotisations sociales. Les dividendes d’une SELARL médecin ne doivent donc pas être présentés comme étant systématiquement soumis uniquement à la flat tax.
L’arbitrage entre rémunération et dividendes doit être simulé avec soin. Une rémunération trop faible peut fragiliser la protection sociale du médecin ou créer une organisation artificielle. À l’inverse, une rémunération trop élevée peut réduire l’intérêt de la société. Le bon équilibre dépend du revenu souhaité, du capital social, de la situation du foyer et des objectifs à long terme.

L’exercice en BNC reste simple, lisible et adapté à de nombreux médecins libéraux. Les obligations juridiques sont plus légères qu’en société, les frais de gestion sont généralement plus faibles et le fonctionnement quotidien est plus direct.
Pour comparer correctement le BNC avec la SELARL, il faut analyser le bénéfice imposable, les charges professionnelles réellement déduites, les cotisations sociales, l’impôt sur le revenu, le besoin de trésorerie personnelle et la capacité à investir dans l’activité. Dans certains cas, l’exercice individuel reste la solution la plus efficace.
Le BNC peut notamment rester pertinent lorsque le bénéfice est modéré, lorsque le médecin consomme l’essentiel de son revenu, ou lorsque les objectifs patrimoniaux ne justifient pas encore la mise en place d’une structure sociétaire.
En SELARL, la comparaison doit intégrer davantage de paramètres. Il faut tenir compte de la rémunération du médecin, de l’impôt sur les sociétés, des cotisations sociales, du traitement des dividendes, de la trésorerie conservée dans la société, du coût de l’expert-comptable, des obligations juridiques et des éventuelles formalités ordinales.
Le passage en SELARL devient généralement plus intéressant lorsque le médecin dégage un bénéfice élevé, souhaite investir dans son cabinet, veut s’associer ou n’a pas besoin de prélever immédiatement tout le résultat. Dans ce cas, la société peut offrir une meilleure maîtrise des flux financiers.
Il n’existe toutefois pas de seuil universel. Deux médecins ayant le même bénéfice peuvent aboutir à des conclusions différentes selon leur foyer fiscal, leur train de vie, leur âge, leurs projets immobiliers, leur protection sociale et leur stratégie d’investissement.
Prenons l’exemple d’un médecin libéral qui dégage 150 000 € de bénéfice annuel avant impôt. En BNC, ce bénéfice sert de base à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales selon les règles applicables aux professionnels libéraux. Le médecin peut déduire ses charges professionnelles, mais il ne peut pas arbitrer aussi finement entre rémunération, résultat conservé et distribution.
Si le médecin a besoin de consommer une grande partie de son revenu à titre personnel, l’exercice individuel peut rester cohérent. Le fonctionnement est plus simple, les coûts de structure sont plus faibles et la gestion administrative reste plus légère.
En revanche, si le médecin conserve chaque année une part importante de son bénéfice, la question de la SELARL devient plus pertinente. Le sujet n’est alors plus seulement de réduire l’impôt, mais de savoir où la trésorerie doit rester : dans le patrimoine personnel ou dans la société.
En SELARL, le médecin peut se verser une rémunération, laisser une partie du résultat dans la société et envisager une distribution de dividendes lorsque les conditions sont réunies. La société paie l’impôt sur les sociétés sur son résultat, tandis que le médecin est imposé personnellement sur les sommes qu’il perçoit.
La comparaison doit donc porter sur le revenu réellement disponible, la trésorerie conservée, les cotisations sociales, les dividendes éventuels, la protection sociale, les frais de fonctionnement et les projets futurs. Une simulation limitée au seul taux d’IS serait insuffisante.
Dans certains scénarios, la SELARL permet d’améliorer le pilotage fiscal et patrimonial du médecin. Dans d’autres, les coûts, les cotisations et la fiscalité des distributions réduisent l’intérêt du montage. C’est pourquoi la SELARL doit être traitée comme une décision de structuration, et non comme une simple astuce fiscale.

Les investissements défiscalisants peuvent compléter une stratégie fiscale, mais ils ne doivent pas venir avant l’optimisation du revenu professionnel. Pour un médecin libéral, la priorité consiste d’abord à sécuriser la comptabilité, à identifier les charges déductibles, à choisir le bon mode d’exercice et à calibrer l’épargne retraite.
Une fois cette base posée, certains dispositifs peuvent être étudiés. Le LMNP au régime réel peut permettre depreciate a furnished property and offset a portion of rental income. Under certain conditions, property deficits can be used to offset a portion of your total taxable income. Certain investments in innovation or overseas territories may also qualify for tax credits.
However, these solutions must be chosen with caution. They involve constraints regarding duration, liquidity, tax caps, and sometimes the risk of capital loss. A doctor should therefore not invest solely to reduce their tax burden, but because the investment aligns with their wealth management profile.
The tax situation of a self-employed doctor is not limited to the current year. Sound decisions must take into account retirement, insurance, estate planning, real estate, risk tolerance, and savings capacity.
A SELARL can be part of this approach, but it is only one component. In some cases, the right choice is to remain under the BNC tax regime while optimizing expenses and PER contributions. In others, transitioning to a SELARL allows for better structuring of business activities and cash flow. In still others, a broader wealth management strategy becomes necessary.
Reducing your taxes as a self-employed doctor is not a one-size-fits-all solution. The right choice depends on your profits, expenses, personal income needs, social security contributions, family situation, investment plans, and long-term wealth goals.
Virtus Expertise supports self-employed doctors through this analysis: BNC vs. SELARL comparisons, compensation simulations, expense optimization, professional cash flow management, retirement savings, and coordination with wealth management objectives.
The goal is to choose a structure that is truly suited to your situation, tax-efficient, and secure enough to last.